BANDE À PART: BENOIT S’ENDUIT D’ÉTÉ : FORÊT URBAINE ET STRIP-CONCOURS-D’ÉPELLATION
Salut, c’est Benoit. Par les étés passés, je suis allé pas pire loin (Yellowknife, mettons). Cette année, je vais aller un peu moins loin. Vais me promener un peu, quand même, mais surtout trotter à Montréal. Vais m’enduire d’été érable, rien qu’en masse.
Connaissez-vous le Musée McCord? Fort probable que non, à moins que vous ayez étudié à McGill. Sinon, vous pensez probablement que la bâtisse est une banque du centre-ville de Montréal. Vous aurez plus de chance de remarquer la place cet été, cependant, parce que le musée a fait bloquer sa rue transversale (la rue Victoria) et l'a transformée en Forêt urbaine.

La couleur de son urbanité, c'est le spectre du violet. La rue est recouverte de faux gazon violet, avec des troncs d'arbre lilas, et des rubans violets, mauves et lilas qui sont suspendus à des sculptures métalliques en guise de feuillage. Une coupure intéressante avec le gris, soit, d'autant plus que, deux mercredis par mois, la forêt reçoit des concerts. Des concerts en forêt, c’est gagnant en capitaine. Drette là, c'est la folk-pop rêveuse de James Irwin - qui est malheureusement enterrée par les travaux de la rue Sherbrooke juste derrière la scène : James Irwin contre la « pépine ».

Au courant de ces mercredis d’été, pour les débuts de glorieux 5 à 7 (on y vend de la bière, sur la rue, à Montréal – un autre argument valable), on pourra y apprécier entre autres Montag, Mozart's Sister(ex-Think About Life) et Donzelle, de retour sur les planches pour continuer d'explorer davantage son côté lusophile, qu’on remarquait déjà dans D.D.Danse Luso. Il y a un côté très Enfantforme à avoir du faux gazon par terre en pleine ville : d'aucuns, surtout les plus jeunes, s'adonnent aux pirouettes, dont un petit blond qui s'amuse à lancer de l'eau dans la face de sa sœur à l'aide de sa paille.
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Je quitte le combat de James Irwin contre la pépine : au coin St-Denis/Maisonneuve, devant la Cinérobothèque, à 19h30, il y a un flashmob pour protester contre les coupures imposées à l'ONF en septembre 2012. Les gens ont apporté leurs casseroles, et on est en train de former un quadrilatère encadrant le pâté de maison des édifices de l'ONF au centre-ville (St-Denis/Maisonneuve/Émery/Sanguinet) autour duquel on a fait passer une bobine de film (d'animation 3D, de ce que je remarque) que chacun tient dans sa main. Ça fait le tour de la bâtisse, bâtisse. On marche : les policiers ont bloqué la rue St-Denis mais on marche sur le trottoir – ha! – pour finalement prendre de l’expansion jusque dans la rue - ha! « CINÉMA, DANS LA RUE! »



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Pour souper, j'ai mangé un sandwich de cha chien : du jambon vietnamien.

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« Welcome to strip spelling bee; this is our fringe edition, but this also our RÉVOLUTION edition! » (Bienvenue au strip-concours-d’épellation! C’est notre édition Fringe, mais c’est aussi notre édition RÉVOLUTION!)
Le festival culturel oblique Fringe s’intéresse à l’humour, la danse, la musique, les arts visuels et le théâtre (c'est large), dans un esprit de transgression triviale et ludique. Je suis présentement à un événement qui représente assez bien l’esprit du festival : le strip spelling bee, un concours d’épellation qui se joue comme une partie de strip poker, disons (à noter que la majorité des activités du festival Fringe sont principalement anglophones, donc, ici, les mots à épeler sont en anglais).
Les règlements sont simples: tu te trompes dans ton épellation, tu enlèves le tiers de tes vêtements (il y a 3 rounds, donc) sur une musique de strip-tease (cabaret ou hard-rock, même combat). Y en a du lot de participants qui semblent moins préparés que d'autres. Une p'tite fille en p'tite jupe, qui, malgré sa gêne, ne semble pas s'être gréée d'une couche supplémentaire.
Y a pas de photos qui accompagnent ce segment : il y avait un règlement de pas de photos. Et papa l'a toujours dit : « Les règuelments, c'est fait pour être suis. Les ceuzes pis les celles qui veulent pas les suirent, ben qui s'en vont ». Pis, de toutes façons, t'as déjà vu ça, quelqu'un tout nu. T'es assez débrouillard pour en voir là là si t'en as envie - idéalement dans la vraie vie, sinon sur Internet.
Je vais te le dire drette comme je suis là : c’est trivial, on rigole, on tape des mais, mais les mots sont compliqués (voir que quelqu’un ferait exprès pour trouver des mots compliqués dans une situation comme celle-ci). Compliqués, comme dans « aucune idée de ce dont on parle depuis le début ». Les participants non plus, d'ailleurs – personne ne semble vraiment être ici pour ses capacités en orthographe. Des 10 participants (6 filles, 4 garçons), la majorité semble ici par curiosité ou pour le pari, 2 ou 3 pour le plaisir du strip-tease, et un dernier, Luc-André - francophone taciturne aux cheveux longs soigneusement brossés (il sait qu’il va briller ce soir) – pour l’exhibitionnisme.
Donc, après le premier round, Luc-André, pressé d’en venir à ses fins, est déjà en string rouge, il y a un autre participant en slip et camisole noirs transparents, deux filles en soutien-gorge, une plutôt burlesque qui a pris la peine de porter deux robes et de n’en enlever qu’une seule (comme les deux sont en lycra, on n'aurait pas pu deviner); les autres sont prudents (ont enlevé seulement souliers et veste).
Au deuxième round, on remarque que Luc-André, le coquin qui est déjà en string rouge, s’adonne à avoir un string en léopard comme couche de secours. Bien préparé, comme un scout. Ce deuxième string laisse cependant une ouverture à collet pour sa bistouquette (« open barrel g-string », que ça s’appelle), qu'il prend plaisir à secouer devant les jeunes filles timides désormais en dessous. Aussi, bien qu'il ait eu les jambes croisées depuis le début de la compétition, il préfère désormais laisser respirer... mettre le paquet.
À la fin du troisième round - une première, nous informe l'hôte - personne n'a réussi à épeler un mot correctement. Tout le monde est en slip, ou sans, c’est selon la pudeur de chacun.
De mon bord, deux mots que connaissais en tout : « ichtyophage » et « ochlophobe » (pis même, j'aurais oublié un h dans ichtyophage, parce qu'en anglais c'est « ichthyophagus » - guh).
Pour terminer la soirée, l’hôte invite les participants et le public à un « naked dance party » (party dansant tout nu) : certains enlèvent leur chandail dans la bonhomie, la plupart des participants remettent une couche ou deux – tous, sauf un seul qui résiste, et qui continue à danser comme Adam.