PROFILS DE PERSONNES ISSUES DE LA DIVERSITÉ: T.Y. Jung

T.Y. Jung est un danseur et un artiste de théâtre musical sud-coréen que l’on voit de plus en plus dans des productions en langues française et anglaise d’un bout à l’autre de Montréal. De plus, il est l’une des moitiés de The Balcony, un duo pop-rock folk acoustique qu’il a fondé en 2015 avec son ami d’enfance Rhys Sheng. Bien qu’il se soit également distingué comme danseur dans sa jeunesse, son entrée dans le milieu artistique montréalais est relativement récente.

« Toute mon adolescence, j’ai été un touche-à-tout parce que j’ignorais ce que j’aimais et ce à quoi je me rattachais », raconte-t-il sourire aux lèvres. « La création de ma première comédie musicale en 2017 m’a fait réaliser que j’avais trouvé là mes repères et ma bande. »

Depuis qu’il a répondu à l’« appel », T.Y. a gravi la scène montréalaise en apparaissant dans The Rocky Horror Show (Théâtre MainLine), Cabaret (Société dramatique de Côte Saint-Luc), Shrek: the Musical (WISTA) et Légalement blonde (CoMUM).

 Quand on lui demande de parler du type d’œuvres qui l’attire, il mentionne tenir en estime la sincérité dans la narration. « Je veux un art qu’on ressent comme vrai », explique-t-il. « Je suis surtout un comédien qui présente une forme d’art que quelqu’un d’autre a créée. Il est donc important pour moi de rendre vraisemblable l’émotion que recèle l’œuvre originale. Ces temps-ci, je tente de dénicher du contenu qui me pose des défis. » 

La possibilité de faire ressortir ses identités particulières sur scène le rend songeur : « Il m’arrive de jouer dans des pièces centrées sur des artistes queer de couleur qui me portent à me demander comment raconter mon histoire. J’ai compris qu’en fait, je n’ai pas nécessairement besoin de parler de ma situation comme personne de couleur pour rendre mon travail pertinent. Nul besoin de toujours utiliser mon art pour parler du queer que je suis si je veux être un artiste queer. La représentation – le simple fait de profiter d’une plateforme et de faire entendre sa voix –, c’est ce qui compte pour moi. »

Il souhaite au milieu artistique en reconstruction post-crise d’en venir à véritablement manifester la diversité de Montréal sur scène et à l’écran : « J’aimerais que les distributions et les équipes scéniques reflètent la ville où l’on vit. »

« En somme, j’espère qu’on finira par reconnaître les différences qui existent dans la société. Comprendre à quel point nous sommes privilégiés comme individus est un premier pas vers la solution. Il nous faut échanger sur ces questions, plus particulièrement dans des environnements éducationnels. J’aimerais qu’à l’école secondaire, on se parle de trucs reliés au mouvement LGBTQ+, vous savez ? Il importe que les générations à venir connaissent tout ce qui existe dans le monde. Espérons qu’à partir de maintenant, nous verrons du changement. »

(Traduction de Louis Longpré)

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