PROFILS DE PERSONNES ISSUES DE LA DIVERSITÉ: Amanda Benn

Amanda Benn est une artiste Canadienne d’origine Antiguaine et Guyanaise qui s’est distinguée dans la communauté artistique de Montréal pour son travail de danseuse, de chorégraphe, de chanteuse, d’instructrice et d’animatrice d’émission de radio. Parmi ses réalisations professionnelles, on note ses performances sur scène avec la troupe de danse Afro-Caribéenne Westcan Folk Performing Company, son rôle dans Shifting Grounds produit par le Black Theatre Workshop et pour son rôle de créatrice pour le festival féministe Revolution They Wrote.

Le chemin de Mme. Benn (son surnom pour l’émission de hip-hop sur les ondes de CKUT 90.3FM qu’elle anime) dans le milieu artistique a commencé dès l’âge de 4 ans.  Son parcours en tant qu’une femme issue de la diversité a été semé d’embûche, qu’elle a su surmonter avec résilience.

« J’ai grandi sur la Rive Sud, je me suis habituée à être la seule fille noire dans la classe », déclare-t-elle. « J’ai vécu dans une famille d’accueil, j’étais désillusionnée que les rêves pouvaient devenir réalité et que les Noir-e-s pouvaient accomplir des choses. Je n’avais pas d’aide, de soutien, ni de mentor. La plupart de la compréhension que j’avais était sur la question de la race. Ce qui m’a permis de passer au travers le quotidien était l’art. »

L’art de Mme. Benn est inspiré par sa quête d’identité et de représentativité. « Pendant que je faisais mes recherches sur mon identité et celle de toute ma diaspora, j’avais toujours le sentiment que quelque chose était incomplet. Et je savais que je n’étais pas la seule qui le ressentait. Je ne m’identifiais pas avec ce que je voyais sur scène et la seule solution que j’ai trouvée était de le créer moi-même. C’est ce qui m’a poussé à produire le travail que je fais aujourd’hui ».

Sur le sujet de ses projets en cours et futurs, et sur le sujet de l’actualité mondiale du mouvement Black Lives Matter, elle parle d’un besoin de guérir les plaies individuelles et collectives.

« Dans les communautés Noires, “tout ce qui est opprimant, est opprimé”. Et on se le fait à nous même. Une tragédie se produit et on se dit toujours “restons fort”, “dommage”, “passons à autre chose”. On n’en discute pas. Ma communauté ne s’est jamais identifiée dans les lieux de guérisons et je pense que là où je suis rendue maintenant, je veux avoir ses conversations difficiles. Alors je l’incorpore dans mon art. ».

Il y a de l’espoir de rebâtir les ponts. « J’apprécie beaucoup que le Monde a pris le temps de reconnaitre ce moment. Mais ce qui se produit n’est pas nouveau. Pour moi, le combat ne vient pas juste de commencer, mais il a évolué. Mes confrères et consœurs Noir-e-s : nous n’avons plus à nous battre aussi fort. Nous ne serons plus engagé-e-s seulement pendant le mois de l’histoire des Noirs. De plus, nous pouvons nous sentir confiants de créer le contenu que nous voulons. »

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