PROFILS DE PERSONNES ISSUES DE LA DIVERSITÉ: Brefny Caribou

Brefny Caribou est une artiste d’origine moskégonne et irlandaise née à Toronto. Ses projets sur scène incluent des collaborations avec Infinithéâtre, Urban Ink, Caravan Farm Theatre et Aluna Theatre. Son œuvre est reconnue pour sa nature collective et collaborative et se penche sur des questions d’identité, de culture et de décolonisation, en lien avec ses origines. Elle explore ces sujets et s’exprime, à travers la narration théâtrale, sur les difficultés qu’elle rencontre en tant que femme autochtone qui vit dans l’état colonial Canada contemporain.

Elle remet régulièrement en question ses pratiques artistiques pour leur permettre d’évoluer. Elle réfléchit ici à l’impact que les évènements de 2020 ont sur son art.

« J’ai eu un moment l’autre jour où je me suis demandé quand on pourra à nouveau être dans une salle remplie de gens, et j’ai eu peur. C’est une pensée qui me revient de temps en temps » révèle-t-elle sur le sujet des effets de l’isolement pendant la pandémie de la COVID-19. « J’adore tellement me trouver sur scène avec d’autres artistes devant un public et c’est difficile de ne pas savoir quand on pourra le faire de nouveau. »

« Par contre, je suis excitée à l’idée du défi de naviguer dans les espaces théâtraux dans le futur. À quoi ressemblera notre premier spectacle quand on pourra reprendre? Comment pourrons-nous créer cette connexion et ce sentiment de proximité physique qui nous réconforte et nous donne un sentiment de sécurité pendant nos performances? Ce sera intéressant à voir. »

Sur le sujet du soulèvement des personnes issues de la diversité, elle a dit : « C’est un moment très intense, car c’est littéralement une question de vie ou de mort pour les personnes dans ma communauté autochtone et pour la communauté noire. C’est une expérience qui me touche tellement directement et qui me fait penser que mon art est insignifiant, mais en même temps il me semble que c’est la seule façon que je peux vraiment aider. Je sens que ma responsabilité en ce moment est d’être témoin de ces évènements et de canaliser cette douleur en une expérience cathartique qui peut être partagée avec tous. »

Sur ses espoirs pour rebâtir la communauté artistique après la crise, elle répond : « J’espère voir beaucoup plus de personnes que j’admire avoir accès à des tribunes pour partager des vérités à un plus grand public. Je suis curieuse de voir à quoi ressemblerait la désinstitutionnalisation du milieu artistique. Nous avons fait les choses d’une certaine façon depuis tellement longtemps maintenant et je me demande s’il n’y aurait pas des méthodes alternatives pour gérer des entités créatives, structurer leur direction et comment distribuer le soutien financier. J’ai hâte de pouvoir participer dans ce genre de conversation et je crois que nous pourrons trouver de meilleures méthodes. »

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